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Hébergement et alimentation de mon cheval

Comment bien m’occuper de mon cheval ? A quoi dois-je faire attention ? Boxe, pré, équi-piste, paddock paradise, comment choisir ? Qu’est-ce que mon cheval doit manger pour être en bon santé ? Comment faire attention à ce qu’il ne soit pas trop gros ou trop maigre ? Autant de questions qui seront abordées lors de cette formation

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Coups de soleil chez le cheval ?

Un cheval qui a des croûtes au paturon, un coup de soleil ? Et si c’était une photosensibilisation ?

photosensilisation cheval

Les coups de soleil chez le cheval

L’été est là, le soleil est à nouveau bien présent, c’est le bonheur ! Sauf que nous voyons nos chevaux, principalement ceux qui ont la peau rose, attraper des coups de soleil. C’est la galère, on essaie la crème solaire, mais au final, la situation ne s’améliore pas vraiment, voire même empire. Des croûtes apparaissent, la peau se détache, le cheval est extrêmement sensible, il a mal et on se fait plus quoi faire pour l’aider…

J’observe principalement deux types de ces « coups de soleil » chez les chevaux que je rencontre. Il y a les chevaux qui ont la peau irritée au niveau du nez et/ou ceux qui développent sur leurs balzanes ce que nous allons appeler communément une « gale de boue». Les chevaux qui possèdent une peau noire et qui n’ont ni liste, ni ladre, ni balzanes semblent globalement épargnés par ce type de problème.

La cause semble à priori simple : le soleil est responsable des irritations de peau sur la zone du nez et la boue est responsable des irritations au niveau des paturons. Sauf que souvent lorsque l’on remémore quand le problème est survenu, il n’y avait finalement pas tant de soleil que ça ou absolument pas de boue.

Et si c'était plus complexe que ça ?

En fait, ce n’est pas une seule cause qui créée ces situations, c’est plus complexe. Le phénomène qui est à l’origine de ces irritations de peau, présentes principalement sur les peaux roses, s’appelle la photosensibilisation.

La photosensibilisation est un phénomène qui résulte de l’interaction entre deux éléments. Le rayonnement issu de soleil (le rayonnement ultraviolet-UV) et une substance photosensibilisante d’origine étrangère se trouvant dans la peau. Cette substance entre dans l’organisme soit par ingestion, soit par contact direct avec la peau. La substance photosensibilisante rend la peau plus sensible aux UV et engendre des lésions. L’intervalle de temps qui s’écoule entre le contact avec la substance photosensibilisante et les lésions est variable. Cela va dépendre du type de substances, du taux de rayonnement UV et également la durée d’exposition à ce rayonnement.

Pour développer une photosensibilisation cheval doit donc rencontrer une substance photosensibilisante et, soit la manger, soit avoir eu sa peau en contact avec elle.

Photosensibilisation primaire ou secondaire ?

Photosensibilisation primaire

La substance photosensibilisante est soit ingérée, injectée, soit absorbée à travers la peau. La substance entre alors dans la circulation sanguine et causera des lésions au niveau des cellules de la peau lorsqu’elle sera en contact avec des UV. La première source de substance photosensibilisante pour le cheval ce sont donc les plantes qu’il rencontre. Ce sont, par exemple, des plantes qui contiennent des furocoumarines.

Parmi ces plantes nous pouvons trouver

  • les ombellifères (apiacées) : la carotte sauvage, le fenouil, le panais, la berce spondyle, la berce du caucase
  • les légumineuses : dont la luzerne et les trèfles
  • les rutacées : dont la famille des citrus
  • les moracées : dont le figuier

Le millepertuis contient également des agents photosensibilisants.

Des engrais utilisés pour enrichir les prairies ou certains antibiotiques pouvant être administrés aux chevaux contiennent également des substances pouvant agir comme un agent photosensibilisant.

Photosensibilisation secondaire

La substance photosensibilisante s’accumule dans le plasma suite à une défaillance du foie qui n’arrive pas à excréter et éliminer cette substance. Le problème arrive donc au niveau de la peau et entre en réaction avec les UV.
Les plantes responsables de ce type de photosensibilisantion seraient entre autres, les seneçons, les renoncules (dont le bouton d’or) et le trèfle hybride. Ce sont principalement des plantes qui contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques.

Que faire ?

Comment aider notre cheval qui souffre de photosensibilisation ? Au début, je me disais qu’il fallait lui mettre de la crème solaire afin de limiter, voire bloquer le rayonnement UV. Cette technique permet de calmer les symptômes locaux. Toutefois cela ne fonctionne que si la crème est appliquée rapidement. Idéalement avant l’apparition d’une peau irritée et surtout si les applications sont renouvelées régulièrement (au minimum 2x par jour). Il s’agit donc d’une option relativement contraignante et ce n’est pas une solution, puisqu’à l’instant où nous arrêterons les applications, le problème reviendra.

Plutôt que d’essayer de palier à un problème de peau, il faut donc se poser la question dans l’autre sens. Pourquoi est-ce que mon cheval développe ce type de symptôme alors que son copain de pré qui a aussi la peau rose n’a jamais rien ?

Et si on regardait le problème à l'envers ?

En médecine traditionnelle chinoise (MTC), on évoque le terme de vulnérabilité pour lorsqu’une personne ou un animal est atteint par un pathogène, mais que d’autres personnes ou animaux vivant exactement dans les mêmes conditions ne sont pas atteints. Ce qui crée la différence entre ces deux, c’est la qualité du système immunitaire de la personne ou de l’animal.

Lorsqu’un cheval rencontre un agent photosensibilisant, l’organisme réagit selon le même mécanisme que s’il rencontrait un virus. Selon la qualité de son système immunitaire, l’agent peut ou non créer une réaction au niveau de sa peau lorsqu’il sera exposé à des UV. En MTC, on se représente le système immunitaire comme un « manteau » protecteur tout autour du corps, si ce manteau a des « trous », des attaques de pathogènes ou autres peuvent survenir.

Quels traitements ?

1. renforcer l'immunité et éviter les agents photosensibiliants

Le premier « traitement » à appliquer à un cheval qui présente de la photosensibilisation est donc de renforcer son système immunitaire. Cela peut se faire par exemple en lui proposant de l’échinacée (en liquide ou séchée, de nombreux fabricants de produits phytothérapeutiques en vendent).

En parallèle au renforcement du système immunitaire du cheval, il est judicieux de s’assurer que le cheval ne rencontre pas un nombre excessif d’agents photosensibilisants dans son quotidien. Il faut ainsi éviter d’appliquer sur votre cheval des produits cosmétiques (anti-insectes, shampoing ou autre) pendant quelques temps, car il est possible que la photosensibilisation soit une réaction à une substance entrant dans la composition de l’un de ces produits. Il faut aussi penser à son environnement. Si la pâture, où il se trouve actuellement, comporte un très grand nombre d’une des plantes mentionnées plus haut, il pourrait être intéressant, si cela est possible bien sûr, de déplacer votre cheval dans une autre pâture.

Si une espèce de plante est beaucoup plus présente que les autres, c’est le signe que le sol est déséquilibré. Identifier la plante permet d’en savoir plus sur l’état de la pâture (je vous invite à ce propos à consulter des ouvrages sur les plantes bio-indicatrices), et fournit des pistes pouvoir rétablir un sain équilibre entre les plantes.

2. accompagner l'inflammation

Deuxièmement, si la peau est fortement irritée une application locale de calendula pourra être utile pour soulager votre cheval dans le cas où les lésions sont telles qu’elles sont devenues douloureuses. On peut également l’administrer de plantes anti-inflammatoires (par exemple du cassis).

3. aider à drainer

Troisièmement, il pourrait être utile de fournir un drainage à votre cheval pour aider les organes d’élimination (reins, foie, intestins, peau, poumons) à se débarrasser des toxines et des agents photosensibilisants. Les drainages existent sous forme liquide ou sous forme de plantes séchées, vous trouverez de nombreuses marques qui proposent ce type de produit.

En complément de cela, des séances d’acupressure (ou shiatsu) aideront le cheval à renforcer son système immunitaire et permettront de renforcer les organes éliminant les toxines.

En résumé, la crème solaire fonctionnera à court terme, mais ne résoudra pas la cause de la réaction chez votre cheval. Pour s’attaquer à la cause, pensez au système immunitaire (phytothérapie ou shiatsu), aux cosmétiques (privilégier les produits naturels), à l’environnement (plante dans les prés), puis un drainage.

Le véritable coup de soleil existe-t-il ?

Le coup de soleil survient, chez nous, comme chez d’autres animaux lorsque les rayonnements solaires créent des réactions chimique niveau des cellules de la peau. Ce phénomène qui génère la création de radicaux libres.

Il existe des mécanismes de protection contre ces radicaux libres, ce sont les « piégeurs de radicaux libres ». Ces derniers se trouvent dans la nourriture, ce sont eux qui sont appelés communément des antioxydants.

Une alimentation diversifiée

Lorsqu’un cheval a accès à une nourriture variée, il trouve tout seul, les antioxydants dont il a besoin pour protéger sa peau, les coups de soleil se font alors rares, voire sont inexistants.

Si le cheval ne devait pas avoir accès à une alimentation variée, il est possible de l’aider en lui apportant des aliments riches en antioxydants. Les carottes sont un exemple d’aliment riche en anti-oxydant (attention, toutefois, à leur mode de production qui n’est souvent pas exempt de produits chimiques pouvant entraîner des réactions). Le romarin fait également partie des plantes anti-oxydantes, pourquoi à planter un buisson de romarin auquel il peut avoir accès de temps en temps. Les aliments riches en acide gras de type omega-3 sont également protecteurs pour la peau, les graines de chia en font partie et les chevaux les apprécient.

Comme mentionné précédemment pour la photosensibilisation, une bonne santé du foie est essentielle pour que les mécanismes de protection fonctionnent correctement. Pour cela une cure de chardon-marie, par exemple, peut être très utile pour éliminer plus spécifiquement les toxines au niveau de cet organe.

Et alors la "gale de boue" qu'en est-il ?

Ce que nous appelons communément gale de boue n’est autre qu’une conséquence de la photosensibilisation. Il y a eu photosensibilisation, la peau est abîmée et dans certaines circonstances, humidité ou boue, des infections bactériennes peuvent se développer au sein des lésions existantes. Les bactéries viennent probablement se nourrir des substances excrétées par la peau.

Le traitement ne va donc pas se limiter à éliminer la bactérie localement (désinfectant) ou oralement avec des antibiotiques, mais il faudra fournir au cheval les conditions pour qu’il puisse de débarrasser de la bactérie. La première étape sera donc de renforcer son immunité, puis de suivre le même protocole que pour traiter la photosensibilisation. La peau se remettra d’elle-même de ses lésions et les bactéries n’auront plus de raison de se trouver là.

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