Notre philosophie de travail avec les chevaux

Notre philosophie de travail s’étend au-delà des conceptions humaines concernant le style d’équitation et encore plus au delà du matériel utilisé. Autrement dit, peu importe la race du cheval, le type de selle utilisée, le type de bride, de mors ou son absence. L’élément le plus important est la relation qui est créée entre l’humain et l’animal.

Le cheval doit associer l’humain à son « leader ». Dans un troupeau de chevaux dans la nature, le cheval leader, ou le cheval qui conduit pourrait-on également traduire, est le cheval qui décide où va le troupeau, quand il se déplace et dans quel but. Ce rôle de leader est différent du rôle de dominant, ce n’est pas le même cheval qui va avoir les deux rôles. Dans notre relation avec un cheval, l’idée n’est donc pas d’être dans un rapport de « dominant-dominé », mais de « guide-suivant ». On entend également fréquemment parler de « leadership » en opposition à une relation de dominance.

Au cours des époques et au cours de la domestication du cheval, ce dernier a souvent été dominé par l’humain. Cette relation de dominance a pu parfois fonctionner avec certaines méthodes d’entraînement, mais avec comme corolaire l’apparition de peurs et d’autres comportements qui sont à l’opposé de ce qui est recherché dans notre philosophie.

La première étape pour être identifié par le cheval comme étant celui à suivre (leader), c’est la construction d’une relation de confiance avec lui. De quelle manière créer une relation de confiance avec un cheval ? Avant tout en ayant confiance dans les actions que nous entreprenons pour nous-mêmes, pour notre cheval et avec lui. Aller au-delà des erreurs que nous faisons tous pour les transformer en variations souhaitées. Par exemple, lorsque nous faisons une erreur avec notre cheval, utiliser cette erreur pour rebondir sur un nouvel exercice. En ne doutant plus de nos capacités, en ne restant pas bloqué sur nos erreurs, nous pouvons évoluer et apprendre à nous faire confiance. Il ne s’agit pas d’avoir toujours raison, mais de savoir rebondir et improviser. Les chevaux sont au-delà des conceptions très humaines du juste et du faux, pourquoi donc s’y attarder au lieu de créer son propre chemin ? Chemin que suivra notre cheval sans hésitation. Le travail n’est pas d’apprendre au cheval à avoir confiance en nous, mais d’avoir confiance en nous-mêmes. La confiance du cheval viendra alors toute seule et naturellement.

La deuxième étape est la cohérence. Dans notre vie quotidienne, avec les divers stress auxquels nous sommes en permanence soumis, nous avons tendance à nous éparpiller. Nous effectuons certaines actions sans nous souvenir de la raison pour laquelle nous les avions commencées, nous enchaînons et mélangeons plusieurs actions en mêmes temps, en ne les achevant pas toutes. En résumé, nous ne sommes peu cohérents. C’est cependant en regagnant en cohérence que nous deviendrons celui que notre cheval voudra suivre. Ce principe de cohérence sera à garder tout le temps à l’esprit et permettra donc d’adapter les demandes que nous avons pour un cheval à son âge, à sa compréhension, à son entraînement, etc. En étant cohérent dans nos actions, notre cheval ne se perdra pas et nous continuerons dans le développement de la relation que nous recherchons avec lui.

 

De nombreux autres éléments seront importants dans la création de la relation avec le cheval, mais ils découlent principalement des principes de la confiance et de la cohérence. Ainsi par exemple, le cheval aura besoin de se sentir en sécurité pour avoir envie de suivre l’humain, mais une personne qui a confiance dans les actions qu’elle entreprend créera un sentiment de sécurité autour d’elle. De même, qu’une personne qui se fait confiance et qui est cohérente dans ses actions paraîtra plus déterminée qu’une autre, la détermination étant un autre principe clé pour être identifié comme celui à suivre.

Une fois la relation créée, il sera important d’y travailler constamment et ce à tout moment et durant toute la vie du cheval, il ne s’agit pas d’y travailler une fois et de considérer cela comme acquis.

D’autres éléments sur lesquels nous travaillons pour nous mêmes et pour les chevaux sont les notions d’équilibre, que ce soit au niveau psychique et physique, tant pour le cheval que pour le cavalier. Pour l’humain il peut s’agir de pratiquer le yoga ou d’autres disciplines et méditations qui permettent un ancrage et un recentrage de soi-même. Pour le cheval, il convient de lui offrir une vie qui correspond le mieux à ses besoins fondamentaux, ces derniers se retrouvent au sein de nos Paddocks Paradise. En ce qui concerne le physique, l’entraînement du cheval est indissociable de celui de son cavalier. En effet, comment serait-il possible de demander à son cheval d’être équilibré si le cavalier ne l’est pas ? Un cheval qui trébuche n’est souvent que la conséquence d’un cheval pas équilibré et d’un cavalier dont l’assiette dérange son cheval.

En lisant ces quelques lignes vous avez l’impression que cela est très compliqué et que vous n’y arriverez jamais avec votre cheval ? Rassurez-vous cela est normal, il s’agit surtout d’éléments dont il faut avoir conscience lorsque nous travaillons avec un cheval. Ce sont des principes à garder à l’esprit pour savoir vers quoi tendre, vers quelle direction, quel est le but dans notre travail, pour nous-mêmes et pour les chevaux. C’est de cette manière que nous allons faire un premier pas en direction d’un gain de confiance et de cohérence.

Ensuite, vient le style d’équitation… selon l’inspiration et les préférences individuelles. Nous avons choisi de nous tourner vers le dressage western par intérêt particulièrement pour des disciplines comme le horsemanship, le trail ou le pleasure, mais également vers l’équitation d’extérieur. Le travail au sol, comme base de toute équitation et formation du cheval et du cavalier et cela à tout moment. La monte sans mors, oui bien sûr, mais comme finalité, lorsque le cheval et le cavalier peuvent travailler en équilibre ou comme point de départ de formation du cheval.